Vérité et espoir

La campagne électorale actuelle présente quelques points de vue intéressants, mais, dans l’ensemble, je la trouve désolante et décevante.

Désolante, parce que la classe politique a manifestement pris congé de la réalité des finances publiques et de l’état de l’économie québécoise. Pourtant, le Québec est souffrant et les symptômes sont nombreux. Entre autres : (1) le Québec est l’un des États les plus endettés au monde; (2) le déficit budgétaire des deux premiers mois du présent exercice atteint 93 % du déficit prévu pour toute l’année; (3) le Québec reçoit des paiements de péréquation depuis la mise sur pied du programme en 1957 et en est actuellement le principal récipiendaire (en valeur absolue).

À quelques exceptions près, les mesures proposées occasionneront des dépenses supplémentaires. On nous promet davantage de programmes alors que nous sommes incapables de financer ceux qui existent déjà. Les candidats savent dans quel gouffre financier nous sommes plongés. Malgré tout, ils nous intoxiquent quotidiennement de mesures démagogiques et ruineuses qui relèvent davantage de la magie incantatoire que du gros bon sens économique. On dit que les actions sont plus éloquentes que les paroles. Dans ce cas, ceux qui aspirent à nous gouverner font manifestement passer leur intérêt politique et leur soif de pouvoir bien avant la prospérité actuelle et future de la province.

Décevante, parce que cette campagne manque de vérité. Le jeu politique n’est que façade. Chaque parti invente de nouveaux programmes pour donner l’illusion de l’action et convaincre les électeurs de signer avec lui un contrat de quatre ans. Or, dans tout contrat, les clauses les plus importantes sont celles écrites en petits caractères. En matière de politiques publiques, l’expérience nous a appris que ces clauses en lettres miniatures stipulent généralement : «ce programme est au-dessus de nos moyens»; «les promesses d’aujourd’hui sont les hausses d’impôts de demain»; «le luxe immédiat cédera rapidement la place à l’austérité»; «cette mesure est une atteinte à votre liberté et à vos droits de propriété»; «cette taxe sabotera l’entrepreneuriat et la compétitivité, et occasionnera du chômage»; «cette subvention est un gaspillage de fonds publics», etc.

La campagne n’est pas terminée, alors j’espère!

J’espère un discours de vérité et d’espoir.

J’espère que quelqu’un trouvera le courage de dire ce dont nous prenons conscience chaque jour, à savoir que le modèle québécois est à bout de souffle, que notre niveau d’endettement est dangereusement élevé, que notre dépendance chronique envers la péréquation est malsaine et que nous marchons dans les pas de la Grèce.

J’espère entendre un candidat déclarer : «Je refuse d’acheter votre vote avec votre propre argent» ou encore «Je ne vous promets rien aujourd’hui, car je ne veux pas vider vos poches plus tard».

J’espère que cette campagne déclenchera une réflexion sur le rôle de l’État et que quelqu’un refusera de perpétuer ce système qui nous condamne au peloton de queue.

J’espère surtout que la classe politique se rendra compte du formidable potentiel de notre belle province et s’engagera à libérer notre énergie créatrice pour réaliser le miracle économique dont nous sommes capables.

J’espère. J’espère.

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Publié le 23 août 2012, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. La meilleur façon pour un politicien de ne pas se faire élire est justement de dire la vérité. Ce sont les créanciers qui vont dicter les futurs choix économiques. Pour le moment. il faut laisser les Québécois rêver en couleur.

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