Quelques fait sur SNAP

SNAP (Supplemental Nutrition Assisstance Program), ou plus connu sous son surnom, « Food Stamps » est un vaste programme social fédéral des États-Unis. Vaste à quel point? Regardons un peu…

Environ un américain sur 7 est sur le programme. Dans certaines régions, cela a un impact majeur. Le SNAP compte pour 25 à 40% des ventes mensuelles dans certains Wal-Mart, selon le professeur en nutrition Marion Nestle de la New York University. En fait, Wal-Mart a collecté environ la moitié du total de 1.2 milliards en food stamps dépensé en Okhlahoma entre 2009 et 2011, selon le Tulsa World. Ce sont des grosses affaires!  Et qui dit grosses affaires et implication de l’État… les corporations qui en bénéficient sont bien sur en support du programme.

Nous disions une personne sur 7. On parle de 46,4 million de bénéficiaires en mars dernier.

Tandis que le nombre de bénéficiaires a augmenté de 70% entre 2007 et 2011, le coût du programme a augmenté de 135%. Ces dépenses ont totalisé 78 milliards en 2011, selon le Congressional Budget Office. L’agence dit que les coûts ont augmenté à cette vitesse pour deux raisons: premièrement, le montant des bénéfices a augmenté de 15% en 2009 avec le programme de stimulus économique. Et deuxièmement, comme nous le voyons chaque semaine, le prix de la nourriture a augmenté.

Que faire dans une telle situation, connaissant les déficits sans fin? Une seule chose à faire: le département d’agriculture dépense 3 millions pour encourager encore plus de gens à s’enregistrer au programme! L’agence pense que une personne sur quatre qui est éligible au progamme n’en profite pas. Alors pour les 4 derniers mois, l’USDA fait passer des commerciaux à la radio ciblant les personnes agées, les travailleurs appauvris, les chômeurs et les hispaniques.

La partie sur la saine alimentation est spécialement ironique lorsque l’on considère les intérêts derrière le programme…

Toujours selon le professeur Nestle: « A vast percentage of food stamps’ money goes into the pockets of soda companies and snack food companies. » L’USDA impose très peu de limitations sur ce qui peut être acheté avec les food stamps. Pas d’alcool, et pas de mets préparés. À peu près tout le reste est possible.

Alors, si on regarde la liste des compagnies qui ont fait du lobbying au Congrès l’année dernière pour le programme SNAP, on y trouve Cargill, Coca-Cola, Kellogg, Mars, PepsiCo, et Wal-Mart, mentionné plus haut. À ajouter aussi, les groupes d’industries tel que l’American Beverage Association et le Snack Food Association.

À Washington, certaines rumeurs parlent de restreindre la liste de biens éligibles dans le proramme SNAP. Dans neuf états, ces rumeurs ont vu le jour en tant que projet de loi. Dans tous ces cas, les projets ont été torpillés. Selon un rapport du Eat Drink Politics: “In Florida, a proposal to ban food stamp purchases for soda and junk food was killed with the help of Coca-Cola, the Corn Refiners Association and Kraft Foods.”

Selon le National Confectioners Association, le lobby des friandises: “Sometimes good intention goes too far. For example, limiting food choices in SNAP could deny children an occasional treat during the holidays such as Christmas, Halloween, Hanukkah, Easter, etc. — and for birthday parties, shouldn’t parents be able to make the decision whether treats will be offered?”

Pour aider leur position de lobbying, les associations d’industrie et les compagnies vont régulièrement donner à des ONG anti-faim. Le professeur Nestle nous dit: “Anti-hunger advocates fear that any move to restrict benefits to healthier foods, or even to evaluate the current food choices of SNAP recipients, will make the program vulnerable to attacks and budget cuts.”

Mais ce n’est pas seulement l’industrie de la nourriture qui profite de ce programme. On y trouve aussi le secteur financier. Dans 24 états, la société JP Morgan Chase gère les cartes EBT (Electronic Benefit Transfer), des cartes de débit qui ont actuellement remplacé les timbres depuis une dizaine d’années. JPM a un contrat de 5 ans avec la Floride qui vaut 83 millions, et un contrat avec l’état de New York valant 112 millions.

Le programme dans 13 autres états est géré par Affiliated Computer Services, une filiale de Xerox. Dans 11 autres états, le contrat est dans les mains de Fidelity National Information Services. Le contrat de l’Illinois et du Montana, lui, est donné à la compagnie de défense Northrop Grumman.

Selon Christopher Paton, chef de la division de JPM qui gère le programme: “This business is a very important business to JPMorgan in terms of its size and scale.”

Important à quel point? Selon le rapport de Eat Drink Politics: “Although state contracts are public record, they do not clarify exactly how the contracting firms turn a profit from EBT, and what those profits are. Likewise, the Securities and Exchange Commission filings from the publicly traded corporations in the EBT market, such as JPMorgan Chase, do not itemize revenues from EBT business.”

Revenons au professeur Nestle:  “Banks that administer SNAP have a vested interest in keeping SNAP enrollments high, and makers of junk foods have a vested interest in making sure that there are no restrictions on use of benefits.”

Ce programme n’est pas sur le point de s’arrêter… trop de bénéciaires chez les pauvres… et les riches!

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Publié le 5 juillet 2012, dans Economie américaine, Politique Américaine, Route de la servitude. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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