L’Hypocondrie de M. Mulcair

Pour le chef du NPD, Thomas Mulcair, le Canada souffre de la « maladie hollandaise ». Inspirée du cas des Pays-Bas des années 1960-1970, l’expression « maladie hollandaise » désigne une théorie selon laquelle l’exploitation de ressources naturelles provoque le déclin de l’industrie manufacturière locale.

Selon M. Mulcair, le secteur manufacturier québécois est en difficulté parce que l’expansion du secteur des hydrocarbures en Alberta et en Saskatchewan a gonflé « artificiellement » la valeur du dollar canadien et, par ricochet, a nui à nos exportations.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’existe aucun remède contre la maladie hollandaise. La bonne nouvelle, c’est que le Canada n’est pas malade ! M. Mulcair serait-il donc atteint d’hypocondrie économique ? Chose certaine, son diagnostic est erroné.

Premièrement, l’appréciation du huard ne peut être attribuée uniquement au boom pétrolier. L’expansion monétaire américaine y a contribué de deux manières : 1) elle a dévalorisé le billet vert au profit de notre monnaie; et 2) elle a exercé des pressions à la hausse sur le prix des ressources naturelles, lesquelles ont également fait grimper notre dollar.

Deuxièmement, il n’y a pas qu’au Québec que le secteur manufacturier est en situation difficile. C’est le cas dans la majorité des pays industrialisés, incluant les États-Unis, où il est pourtant impossible d’invoquer la maladie hollandaise.

Troisièmement, M. Mulcair oublie que les déboires du secteur manufacturier ont débuté il y a 35 ans, bien avant le succès de l’industrie des hydrocarbures de l’Ouest canadien. Il semble également ignorer que le dollar canadien a déjà été relativement faible (un dollar canadien valait à peine 61 cents américains en 2002) sans pour autant relancer certaines industries en difficulté.

Quatrièmement, M. Mulcair néglige le fait qu’un taux de change élevé réduit le prix de nos importations. Les consommateurs en profitent, certes, mais les entreprises aussi. Elles peuvent se procurer les matières premières et le capital productif dont elles ont besoin à moindre coût, et ainsi mieux affronter la concurrence internationale.

Finalement, la compétitivité ne dépend pas exclusivement du taux de change. La créativité, l’ingéniosité et la propension à prendre des risques y contribuent fortement. En revanche, la fiscalité confiscatoire, le cadre réglementaire contraignant et le coût élevé de la main-d’œuvre peuvent contraindre des entrepreneurs à jeter l’éponge. Par-dessus tout, la compétitivité est tributaire de la productivité. Or, le Québec a été dans le peloton de queue des principales économies industrialisées pour le niveau et le taux de croissance annuel moyen de sa productivité au cours des 30 dernières années.

Malgré tout, M. Mulcair s’accroche à sa théorie réductrice. Son raisonnement s’inscrit parfaitement dans la logique de la gauche qui consiste à diaboliser le succès d’autrui et à le rendre responsable de nos difficultés. Or, quand M. Mulcair nous fait croire que nous sommes les victimes impuissantes d’une terrible injustice, il nie notre extraordinaire potentiel et démontre son manque de foi dans nos capacités. Pire encore, en nous dévalorisant ainsi plutôt qu’en nous encourageant à nous dépasser, il nous condamne à l’infériorité économique. Je croyais pourtant que M. Mulcair avait davantage d’estime pour les Québécois !

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Publié le 30 juin 2012, dans Chronique Journal. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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