Notre pire ennemie

Ce texte a été publié dans le Journal de Montréal, le 26 janvier 2012:  ici

Un lecteur a porté à mon attention le texte que Jean-François Lisée a publié sur son blogue et dans lequel il présente un extrait de son récent livre Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments.

Il y va d’une affirmation qui dévoile son incompréhension des motivations des pourfendeurs de l’étatisme. Il écrit: «On sent bien qu’une droite québécoise carbure à la détestation du Québec, à la détestation de soi. Il y a une joie non feinte à présenter le Québec comme retardataire, tribal, paresseux.»

Pour M. Lisée, comme pour la majorité des chevaliers de la gauche, l’équation est rudimentaire: critiquer le modèle québécois, c’est détester le Québec et les Québécois.

Cette logique traduit une triste confusion entre le Québec et le modèle économique en vigueur, entre les êtres humains et l’environnement dans lequel ils évoluent.

Saisir la nuance, c’est comprendre qu’on peut désapprouver notre système économique tout en aimant le Québec.

De plus, tenir un discours jovial et réconfortant suscite moins de controverse que de souligner nos échecs économiques.

Ne faut-il donc pas sincèrement aimer notre Belle Province et souhaiter ce qu’il y a de mieux pour ses citoyens pour s’atteler à une tâche aussi ingrate que désagréable?

EST-CE SUFFISANT?

M. Lisée est satisfait de la situation du Québec. Il a en par-tie raison. Nous sommes incontestablement mieux ici qu’à bien d’autres endroits dans le monde. Toutefois, est-ce suffisant ?

Au Québec, nous sommes choyés. Nous disposons, entre autres, de ressources abondantes, d’électricité bon marché, d’une main-d’oeuvre qualifiée, d’un accès privilégié au marché américain, d’une relative stabilité politique, d’une monnaie forte qui permet d’acquérir à bon prix les plus récentes technologies et d’un système bancaire en bonne santé.

Malgré tout, de 1981 à 2010, le poids économique du Québec dans l’ensemble du Canada a diminué, les Québécois se sont enrichis moins vite que les autres Canadiens, nous avons créé moins d’emplois que dans le reste du Canada, le nombre de jeunes travailleurs a diminué au Québec alors qu’il a augmenté ailleurs au pays, et l’investissement des entreprises y a été plus faible que dans les autres provinces.

NOS ATOUTS

Notre performance économique n’est clairement pas à la hauteur de nos nombreux atouts. Nous pourrions faire l’envie des autres provinces; alors, pourquoi nous contenter d’être à la traîne du Canada?

Cette question ne traduit ni la détestation du Québec ni la haine de soi.

C’est plutôt la preuve que nous sommes conscients de nos capacités et motivés à nous dépasser.

En s’acharnant à défendre un modèle économique fondé sur l’étatisme et en nous faisant croire que tout est rose, la gauche retarde les réformes nécessaires à la réalisation de notre potentiel économique et nous maintient en position désavantageuse. À cet égard, elle est la pire ennemie des Québécois!

Adhérer au discours de la gauche et nous complaire dans notre situation, c’est accepter d’être né pour un petit pain. Pire encore, c’est s’en réjouir. Personnellement, je suis convaincue que nous valons plus et que nous méritons mieux. Et vous ?

Je vous invite également à lire la réaction

de Martin Coiteux sur son blogue:

Si Jean-François Lisée n’était que le militant inconnu d’une cause particulière, je ne prendrais pas la peine d’écrire ces quelques lignes.  Cependant, Jean-François Lisée est l’un des intellectuels les plus médiatisés du Québec et sa plume talentueuse jouit du tremplin quotidien absolument formidable que constitue son blogue de l’Actualité.
Hier, Jean-François Lisée n’a pas contribué à la qualité du débat intellectuel au Québec en choisissant pour titre de son billet Pourquoi la droite aime les hauts taux de suicide.  Quiconque a la capacité de prendre du recul par rapport aux écrits de son blogueur préféré admettra que ce titre aux relents démagogiques a quelque chose de proprement ignoble.  Certains de ses lecteurs le lui ont d’ailleurs fait remarquer clairement dans leurs commentaires.    La suite :  ici
Publicités

Publié le 26 janvier 2012, dans Étatisme, go-gauche, Modèle Québécois. Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. Pierre-Yves St-Onge

    Je suis absolument d’accord que de critiquer le système économique de notre province ne prouve en rien notre affection pour elle. Comme des parents qui vont critiquer leurs enfants et leur montrer d’autres façons de voir un problème et de voir certains aspects de leur vie, je crois qu’il est de notre devoir de le faire. Même quand nous avons tort, le débat des idées est nécessaire à l’avancement et à l’amélioration de notre société. Malheureusement, au Québec, il semble que même au niveau des débats, nous soyons rendus comme pour élever nos enfants… il ne faut pas les châtier, les punir ou les critiquer. Ça pourrait brimer leur estime, et leur faire de la peine. Non, il faut les comprendre et les laisser agir sans conséquence…

    Mais, vous savez bien que j’ai tort… au Québec en fait, la situation est inversée. Pour l’État Providence, ce sont nous les enfants. L’État doit nous guider, nous dire ce que l’on peut ou ne peut pas faire, et le plus souvent possible le faire pour nous… mais je voudrais pas m’en-« Lisée » dans un autre débat! 🙂

  2. Nathalie,

    J’ai dit dans le blog de Lísé que son titre etait un compliment .D’apres Gallup Palin et Hillary Clinton sont les deux femmes politique les plus admirés aux Etats-Unis et Palin a l’inverse de Hillary s’est fait elle meme et sans l’aide d’un mari president des Etats-Unis…

    Non,Palin est Palin parce qu’elle a donner a l’Alaska ses lettres de noblesse ( rating de AAA,surplus,budget en ordre,reserve… ) et parce qu’elle a redonner vie au parti republicain.

  3. Mme Elgrably-levis,

    Merci de denoncer la sociale mediocratie que les gauchistes defendent depuis plus de25 ans.Ils ont tout a perdre avec des opinions comme la votre dans leur petit comfort etatique au nom de la « justice sociale ».Le quebec s’enlise un peu plus a tout les jours et les « riches »
    n’en peuvent plus ..la justice sociaie doit etre reformee avant qu’il ne soit trop tard.

  4. Robert Filiatrault

    Faut pas lâcher. Ils doivent marcher ces idées de droite… Regardez la planète. Tout va très bien????? Ceux qui dirigent actuellement ne sont pas à gauche à ce que je sache….

  1. Pingback: Temps dur pour les détracteurs du modèle québécois - Lettre à la Sarah Palin québécoise, Nathalie Elgalbry | Le blogue de Jean-François Lisée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :