Personne ne comprends la dette!

C’est le titre d’un nouvel éditorial dans le New York Times, préparé par Paul Krugman, un régulier de ce journal, et prix Nobel d’Économie.

http://www.nytimes.com/2012/01/02/opinion/krugman-nobody-understands-debt.html?_r=4&ref=opinion

Paul Krugman est relativement célèbre pour ses positions pro-stimulus économique. Sa position peut être résumée ainsi: il est vrai que les plans de stimulation massives du New Deal n’ont pas réussir à sortir l’économie de la Grande Dépression, mais ce n’est pas parce que le concept n’était pas bon, c’est que le stimulus n’était pas assez imposant. Il répète cet argument pour convaincre les gouvernements d’augmenter les programmes de stimulus qui, encore une fois, ne semblent pas régler les problèmes.

Dans cet éditorial, Krugman amène plusieurs points:

« Deficit-worriers portray a future in which we’re impoverished by the need to pay back money we’ve been borrowing. They see America as being like a family that took out too large a mortgage, and will have a hard time making the monthly payments.

This is, however, a really bad analogy in at least two ways.

First, families have to pay back their debt. Governments don’t — all they need to do is ensure that debt grows more slowly than their tax base. The debt from World War II was never repaid; it just became increasingly irrelevant as the U.S. economy grew, and with it the income subject to taxation.

Second — and this is the point almost nobody seems to get — an over-borrowed family owes money to someone else; U.S. debt is, to a large extent, money we owe to ourselves.

This was clearly true of the debt incurred to win World War II. Taxpayers were on the hook for a debt that was significantly bigger, as a percentage of G.D.P., than debt today; but that debt was also owned by taxpayers, such as all the people who bought savings bonds. So the debt didn’t make postwar America poorer. In particular, the debt didn’t prevent the postwar generation from experiencing the biggest rise in incomes and living standards in our nation’s history. »

Premièrement, les gouvernements ont certainement la possibilité de ré-emprunter les montants qui doivent être remboursés, mais il est faut de croire que les gouvernement n’ont pas à rembourser leurs dettes. En apparence, l’argument semble valide car si on ne regarde que les sommes totales, elle ne font que croitre, donc dans leur totalité ne sont jamais remboursées. Par contre, les détenteurs de ces dettes s’attendent à être remboursés éventuellement, et à ce moment feront le choix de réinvestir dans la dette gouvernementale, ou pas. Les États-Unis, dans la crise financière, continue à bénéficier de statut de valeur refuge, et de par ce fait payent un taux d’intéret minime. Mais celui-ci en bout de ligne sera déterminé par le marché, et si les craintes reviennent aux États-Unis, le renouvellement de la dette (qui se fait à coup de trillions annuellement – 1 à 1,5 trillions par années de nouvelle dette, ainsi que le renouvellement du 15 trillions de dette déjà existante qui est en grande majorité de la dette à court terme) se fera à des taux supérieurs. Chaque point de pourcentage de plus sur la dette moyenne de 15 trillions résulterait à des dépenses supplémentaires de 150 milliards.

L’argument est fait que pour se sortir de ce pétrin, il ne suffit que de faire croitre l’économie à un rythme plus rapide que la dette. Pas facile à accomplir quand la dette croit de 10% par année!

Et de là on passe au deuxième argument, c’est à dire que la dette encourue à la sortie de la Deuxième Guerre Mondiale était plus imposante par rapport à la taille de l’économie que présentement (et c’est vrai pour le moment). Il y a une énorme différence: la source des énormes dépenses et déficits était terminée avec la fin de la guerre! Après coup, il reste des dépenses de reconstruction et de rapatriement des troupes, mais les déficits de 20-25% de l’économie et les efforts de guerre ont cessé, et les énormes investissements en infrastructures et manufactures d’équipement de guerre peuvent maintenant être converties en usage civil et servir à la croissance de l’économie. À notre époque, les déficits sont structurels et sans expiration. Le gouvernement américan, face à la crise, et après des mois de négociations à peine à s’entendre à des coupures équivalentes à 0,5% du PIB.

Krugman veut nous expliquer que la dette des États-Unis n’est pas dangereuse car pour chaque dollar de dette qui apartient à un étranger, il y a 0.89$ en actifs étrangers qui appartiennent à leurs citoyens et que ceux-ci ont un meilleur rendement. Il faut encore une fois nuancer à deux niveaux: le rendement versé par le trésor américain ne sera pas toujours aussi bas, et que la situation présente est possiblement relativement sécuritaire, mais la direction ne l’est pas. Un avion qui va s’écraser et dont le pilote réussi à faire planer peut bien se vanter aux passagers: « Vous êtes en sécurité car nous sommes en controle de la situation, présentement l’avion ne perds que 1000m d’altitude à la minute! L’hotesse va passer vous proposer un breuvage en attendant la fin du voyage! »

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Publié le 11 janvier 2012, dans Crise économique. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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