Faut-il abolir les CÉGEPS?

François Legault a mis le feu aux poudres en déclarant :

« Si on avait à rebâtir le système d’éducation, je pense qu’on ne devrait pas avoir de cégeps. On devrait avoir une sixième année au secondaire puis une quatrième année au bac à l’université »

« Je pense que c’est quelque chose qu’il ne faut pas éventuellement exclure (l’abolition des cégeps) parce que, comme le disent parfois certains parents, c’est une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue et puis à décrocher »

La classe politique et le milieu de l’éducation ont immédiatement violemment réagi pour condamner les propos de F. Legault.

Monsieur Legault a raison de dénoncer les CEGEPS et de remettre en question leur apport.  Mais il se trompe en pensant qu’il suffit d’ajouter une 6e année au secondaire et une 4e année au premier cycle universitaire pour améliorer le système d’éducation.

Ce n’est pas l’existence des CEGEPS qui pose problème, c’est ce que l’on enseigne (ou plutôt ce que l’on n’enseigne pas) aux jeunes depuis la 1ere année de l’élémentaire.  Le véritable plaie qui afflige notre système d’éducation, c’est le nivellement par le bas imposé, sans doute involontairement, par les ministère de l’Éducation.  Aujourd’hui, les écoles sont devenues des usines qui produisent des analphabètes fonctionnels. Selon Le Devoir, 33 % des Québécois sont en situation d’analphabétisme fonctionnel.  Et contrairement à ce que l’on peut croire, il ne s’agit pas majoritairement des immigrants en provenance de pays en développement.  Au contraire, nombre d’analphabètes fonctionnels ont fréquenté l’école jusqu’à 16 ans!!!

On a voulu démocratiser l’éducation … on a démocratisé les diplômes.  Abolir les CEGEPS ni changera rien si on ne réforme pas le système d’éducation depuis la base!

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Publié le 6 octobre 2011, dans Éducation, Modèle Québécois. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. C’est tout de même exceptionnel comme résultat dans un pays riche et avancé de voir une telle dégringolade. Moi même, à l’époque où je fréquentais les bancs d’école, cela avait déjà commencé.

    Nous avions reçu une stagiaire de l’Université de Montréal pour passer quelques semaines avec nous en stage d’enseignement du français (sec IV). Je suis tombé à la renverse quand, après que certains étudiants lui pointe vers des erreurs d’orthographe sur son texte au tableau, elle a simplement annoncé que « l’orthographe n’était pas sa spécialité ».

    Il était un temps qu’un mauvais français était inacceptable pour tous les enseignants, et aussi pour les étudiants… cette enseignante nous est revenue l’année suivante comme enseignante de français à temps plein, et a maintenant 20 ans d’expérience. Je me demande bien si elle a pu apprendre l’orthographe dans ses temps libre depuis…

    Mais bon, pour revenir au point initial, je ne sais pas si les CEGEPs devraient être éliminés. Je penche dans le sens de cet article qu’une réforme de la philosophie de l’enseignement en général serait bien plus propice à améliorer les choses.

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