Ôde à ma voiture

C’est la journée en ville sans ma voiture.  Certains y voient une initiative louable.  Je pense au contraire que ce n’est qu’un outil de plus pour harceler les automobilistes et les culpabiliser.

L’an dernier, j’avais rédigé le texte ci-dessous en réaction à La Journée sans ma voiture.  Un an plus tard, et après réflexion, je regrette ce que j’ai écrit …. je regrette d’avoir été trop douce!   Un an plus tard, je persiste et signe!

Les grands prêtres du transport en commun ont le monopole de la parole depuis de nombreuses années. À leur tour maintenant d’écouter attentivement le point de vue des automobilistes exaspérés d’être pointés du doigt comme s’ils étaient des criminels notoires.

Tout d’abord, si tant de gens continuent de privilégier la voiture, ce n’est pas parce qu’ils ignorent l’existence des autres modes de transport, c’est tout simplement qu’ils la considèrent encore comme le moyen le plus rapide et le plus pratique de se déplacer. C’est facile de faire le procès de l’auto quand on est jeune, en santé, sans enfants et qu’on dispose de tout son temps. En revanche, quand on est parent, que l’on conduit ses enfants à l’école le matin et que l’on retourne les chercher le soir, que l’on transporte un lourd sac à dos, que l’on travaille, qu’il faut courir à l’épicerie, à la banque ou chez le nettoyeur, qu’il faut amener le plus jeune à son cours de musique et le plus vieux chez le dentiste et que les journées nous paraissent toujours trop courtes, se déplacer en auto permet de gagner un temps précieux qu’on peut consacrer à sa famille dans le confort de son foyer plutôt que de le perdre avec des inconnus dans un autobus bondé et souvent malodorant.

Ensuite, tous ces bien-pensants qui diabolisent la voiture semblent oublier qu’elle demeure le meilleur moyen de réduire l’isolement et les écarts de niveau de vie entre les riches et les pauvres. Grâce à elle, n’importe qui peut aller n’importe où, n’importe quand et pour quelque raison que ce soit, sans être limité par l’horaire du bus, sans devoir attendre sous la pluie ou dans le froid, et sans se demander si on aura une place assise. Posséder une voiture, c’est pouvoir rendre visite à sa famille en tout temps, faire son marché sans se soucier du poids de la boîte de savon à lessive et rentrer tard sans craindre pour sa sécurité. C’est être indépendant et autonome. C’est être libre!

Les inconditionnels du vélo ou du métro sont parfaitement libres de mépriser la voiture, mais de quel droit font-ils la morale aux automobilistes alors qu’ils ignorent tout des contraintes avec lesquelles ces derniers doivent composer? Pour qui se prennent-ils pour juger impérieusement leurs concitoyens dont le seul crime est de s’évertuer à concilier leurs obligations familiales et professionnelles?

Que les ennemis de la voiture s’inquiètent pour l’environnement est tout à leur honneur. Mais ils font fausse route en opposant l’écologie à la modernité. On ne déclare pas la guerre à l’une des inventions les plus libératrices du 20e siècle!!

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Publié le 22 septembre 2011, dans Environnement, Modèle Québécois. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Je n’aime pas les voitures. À chaque occasion qui se présente, je préfère la marche ou le transport en commun. Pour moi, c’est la liberté. Pas de stationnement, pas besoin de constamment penser à faire le plein, pas d’entretien régulier à céduler. Pas de journée de travail perdue à cause d’un bris mécanique. Je ne perds pas trois heures de ma vie à chaque jour à traverser le pont (quoi que j’ai commencé à me bruler des audiobook sur CD, et c’est une façon merveilleuse de compenser la perte de temps!). Si j’ai besoin de faire de grosses courses, je fais livrer pour une somme très modique comparé aux débours sans fin d’un véhicule. Si j’ai besoin de voyager un peu plus loin ou pour une occasion spéciale, je peux toujours me louer un véhicule pour pas trop cher. La liberté, quoi!

    Mais, la liberté c’est aussi de pouvoir choisir ce qui nous conviens dans notre situation. Moi aussi j’ai mon auto depuis des années, force oblige. Mais je continue à marcher quand c’est possible, et je me faufile dans les bouchons de circulation et les cônes oranges. Et à chaque traversée de pont, sur le train de banlieue, je regarde les files sans fin pour la traversée… je ne me sens pas le besoin en plus de critiquer les automobilistes qui ont fait ce choix. Je suis certain que de leur côté, il ont pesé le pour et le contre et en sont arrivé au choix qui est le meilleur pour eux.

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