Archives Mensuelles: août 2011

Michele Bachmann est-elle folle?

Depuis hier, le Québec s’attaque violemment à Michele Bachmann, candidate aux élections primaires républicaines. ici, ici et ici.  Ce matin, c’était au tour de Marie France Bazzo de traiter madame Bachmann de folle.   Le crime?  Madame Bachmann a déclaré que le séisme et l’ouragan qui ont frappé l’Amérique étaient pour dieu un moyen d’attirer l’attention.

Donc Madame Bachmann croit en dieu.  ET  A-L-O-R-S????  En quoi est-ce important, ou même pertinent?  Certains croient aux astres ou en Gaïa, d’autres croient des légendes ou sont superstitieux.   Pourtant, nous les respectons.  Alors pourquoi tant d’émoi relativement à madame Bachamann.  Et puis :

1) Depuis quand avoir des convictions religieuses relève de la folie?  C’est quand même amusant de voir la go-gauche bien pensante, qui est toujours là pour prôner les valeurs de «tolérance», de «solidarité», de «compassion», d’«ouverture»,  de libertés individuelles, etc., devenir aussi intolérante face aux convictions religieuses de certains.  Faut-il déduire que la go-gauche est tolérante …. mais uniquement si on partage ses convictions, et si on est athée?

2) Si la foi est réellement un signe de folie, alors pourquoi tous ceux prêts à crucifier madame Bachmann restent-ils discrets quant au passé religieux de Barack Obama ?  Pourtant …

–  Obama a fréquenté la Trinity Church de Chicago pendant une vingtaine d’années.  N’est-ce pas la preuve qu’il a la foi?

– Obama avait déclaré que Jeremiah Wright, le pasteur de l’église, était son mentor.  C’est lui  qui l’a marié et baptisé ses deux enfants.  N’est-ce pas la preuve qu’il avait du respect pour la question religieuse?

Mais surtout, si les convictions de Madame Bachmann font d’elle une folle, comment qualifier Obama qui a choisi pour mentor un homme réputé pour ses propos incendiaires (ex : il a invité les Noirs américains à dire « Que Dieu maudisse l’Amérique » au lieu de « Que Dieu bénisse l’Amérique »; il a accusé Washington d’avoir développé le virus du SIDA pour décimer la population noire, etc.), et son discours raciste et profondément anti-américain?  Ne dit-on pas «Qui se ressemble, s’assemble?»

Ceux qui adulent Obama en dépit de sa foi et de son passé sont donc très mal placés pour dénigrer, rabaisser et mépriser madame Bachmann!

L’Oncle Sam n’aime pas la limonade!

Plusieurs guerres marquent l’histoire des États-Unis: Vietnam, Guerre froide, Guerres en Afghanistan et en Irak, guerre contre les narcotrafiquants, etc.

Aujourd’hui, une nouvelle guerre a été déclarée:  la guerre contre les enfants qui vendent de la limonade!!!!!  Depuis quelques temps, dans plusieurs états, les enfants qui entreprennent de vendre de la limonade dans la rue reçoivent la visite de la police qui les oblige à cesser leurs activités et qui les menace d’amandes importantes.  Certains ont même reçu une amande de 500$ alors qu’ils vendaient de la limonade pour ramasser des fonds pour …. les cancers pédiatriques!   Ceux qui souhaitent continuer à opérer doivent d’abord se procurer les permis nécessaires dont le coût varie de 400$ à 600$ selon les États.

Dans le célèbre ouvrage intitulé La Route de la servitude (titre original : The Road to Serfdom),  Friedrich August von Hayek (« prix Nobel » d’économie en 1974) avance que l’étatisme conduit fatalement au totalitarisme.  La «gestapo» de la limonade semble bien lui donner raison!

Mais au delà du geste lui même, il y a la symbolique.  À une époque où le discours anti-capitaliste est devenu presque une norme aussi bien auprès de la classe politique que de l’intelligentsia, faire la guerre à des enfants qui vendent de la limonade, c’est pas une manière de tuer dans l’œuf l’instinct entrepreneurial de la prochaine génération?

Une question subsiste :  après la vente de limonade, quelle autre activité sera réglementée par l’Oncle Sam?

Où est passée la déontologie journalistique?

On entend souvent que la presse traverse une crise dont les nouvelles technologies seraient responsables.  Mais est-ce la véritable raison?  Quand on voit la comédie que  joue ce journaliste (clip ci-dessous), ne serait-il pas plus approprié de dire que la crise de la presse est en réalité une crise de crédibilité et de confiance?

L’Empire State Building nous donne une leçon!

Tout le monde connait l’Empire State Building.  Ce célèbre gratte ciel situé sur l’île de Manhattan mesure 381 mètres (443,2 m avec l’antenne) et compte 102 étages.

En revanche, on oublie trop souvent l’histoire extraordinaire de sa construction.

1) les plans ont été achevés en quelques semaines :  ils s’inspiraient de ceux d’autres oeuvres.

2) les travaux ont débuté en janvier 1930.

3) l’édifice a été inauguré le 1er mai 1931.

4) la construction a coûté 40 millions US$ en 1930-31, soit environ 550 millions de dollars d’aujourd’hui.

Si en 1930 il été possible de construire des oeuvres de cette envergure rapidement et efficacement, comment expliquer qu’aujourd’hui les décisions se prennent lentement et au prix d’interminables joutes politiques.  La saga du CHUM et son coût de construction de plus de 2 milliards en est un bel exemple.  Pourquoi entreprendre un projet est-il maintenant plus long et plus laborieux qu’autrefois?  Pourtant, vu les moyens dont nous disposons aujourd’hui, le processus devrait être plus simple, non?

Pont vs Pont

Pendant que la classe politique québécoise tergiverse sur la question du Pont Champlain, la Chine ne se perd pas en bavardages inutiles et passe à l’action.

En juin 2011, La Chine a ouvert le plus long pont au-dessus de la mer, d’une longueur de 42 kilomètres, qui relie la ville de Qingdao à l’île de Huangdao. Le pont de la baie de Jiaozhou mesure de 35 mètres de large, est soutenu par 5 000 piliers.

Cet exploit architectural a coûté environ 2 milliards US$.  Il a fallu 4 ans et 10,000 ouvriers.  Ce n’est pas tout, ce record mondial pourrait être battu en  2016 par un autre pont chinois de 48 Km de long reliant Hong Kong avec Macau et la province de Guangdong.

Chez nous, le Pont Champlain mesure 7 km du début du pont à Brossard jusqu’à la sortie de l’avenue Atwater.  On estime son coût de remplacement à presque 2 milliards.  Certains parlent même d’un minimum de 6 milliards.  Et ça, ce ne sont que des estimations préliminaires!

Soyons conservateurs (et optimistes), et supposons qu’on remplace le Pont Champlain à un coût de 3 milliards.  On aura donc construit un pont 6 fois plus court qu’en Chine, mais 1,5 fois plus cher.  Et si les Chinois ont bâti 42 km en 4 ans, serons capables de construire 7 km en 8 mois?

Les excuses d’Obama

On a démocratisé les diplômes!

Les étudiants s’organisent actuellement pour protester contre la hausse des frais de scolarité.  Ils prévoient une manifestation le 10 novembre et peut-être une grève cet l’hiver.  Leurs initiatives sont, à juste titre, fortement critiquées.  Les arguments pour s’opposer au gel des frais de scolarité sont nombreux et bien documentés.  Entre autres:

1) L’éducation est un investissement privé qui permet à la personne qui s’instruit de gagner un meilleur salaire.  Alors pourquoi le contribuable devrait-il assumer l’essentiel du coût de l’éducation?

2) Les jeunes issus de milieux aisés sont plus nombreux à poursuivre leurs études que ceux issus de milieux défavorisés.  Des frais de scolarité bas avantagent donc les familles bien nanties en leur permettant de refiler la facture à des contribuables moins fortunés qu’eux.

3) Les gels successifs des droits de scolarité au cours ont fait en sorte qu’il en coûtait plus cher en 1968 pour aller à l’université que ça n’est aujourd’hui le cas (en dollars constants). La hausse envisagée n’est donc pas exagérée.

4) On peut facilement maintenir l’accessibilité en ajustant les mesures d’aide financière.

5) Les frais de scolarité n’affectent pas l’accessibilité.

6) une éducation de qualité coûte cher à offrir …. ce qui justifie que les étudiants doivent payer plus .

Mais l’éducation offerte et les diplômes obtenus sont-ils réellement de « meilleure qualité »?

Depuis déjà plusieurs années, il est question d’inflation dans les notes dans les universités nord-américaines.: ici, ici et ici.  Deux chercheurs, Stuart Rojstaczer et Christopher Healy, ont analysé l’évolution des notes pendant plusieurs décennies.  Leurs résultats sont déconcertants!  Par exemple, la note « A » représente 43% de toutes les notes, contre 15% en 1960 et 31% en 1988.  Les notes « D » et « F » occupent moins de 10% de toutes les notes. 

Chez nous, la tendance est similaire.  Dans son livre Lowering Higher Education: The Rise of Corporate Universities and the Fall of Liberal Education, James Côté, un professeur de sociologie à la University of Western Ontario et son collègue Anton Allahar ont suivi 12 000 étudiants aux États-Unis et au Canada et ils ont découvert que le nombre d’heures consacrées à étudier diminue alors que les notes augmentent. Au Canada, les notes sont passées en 30 ans d’un C en moyenne à un B+/A-.

Une conséquence immédiate de l’inflation des notes, c’est la dévalorisation des diplômes. On a voulu démocratiser l’éducation … on a démocratisé les diplômes.  Or, les employeurs ne sont pas des dupes.  Ils ont réalisé que les diplômés d’aujourd’hui ne sont pas aussi bien formés que ceux d’hier, et ils ajustent en conséquence les salaires qu’ils offrent.  S’il est normal que les étudiants paient pour leur éducation, il est également normal qu’il en aient pour leur argent.  Quand les établissements d’enseignement cesseront de chercher la maximisation des taux de réussite, quand ils abandonneront le nivellement par le bas, quand la qualité des diplômés passera avant la quantité, les employeurs valoriseront davantage les diplômes.  Peut-être qu’alors les étudiants seront plus disposés à accepter une hausse des frais de scolarité!

Catastrophes naturelles = retombées positives?

En nommant ce blogue « La vitre cassée » en référence au texte du même nom rédigé par l’économiste français Frédéric Bastiat, je ne m’imaginais pas que des personnalités publiques et les médias me donneraient l’occasion, dès mon premier post, de prouver que ses enseignements sont encore d’actualité même s’ils datent de plus de 150 ans.

En réaction au tremblement de terre aux États-Unis et à l’ouragan Irène, plusieurs ont déclaré que, tout compte fait, ces catastrophes ne sont pas si terribles.  Comme il faut réparer les dégats, les gens vont dépenser, ce qui créera des emplois et stimulera l’économie.  Ce genre de raisonnement n’est pas nouveau.  Il refait surface chaque fois qu’une destruction se produit.

Suite aux attentats du 11 septembre, Paul Krugman affirmait dans sa chronique du New York Times que l’attaque aura des effets bénéfiques sur l’économie, car la reconstruction va exiger des investissements.  L’an dernier, c’était Sophie Cousineau de La Presse qui est tombée dans le piège avec un texte qui avancait que la marée noire dans le Golf du Mexique est source d’emplois. Avant elle, c’était nos premiers ministres qui avaient eu le même réflexe face à la crise du vergals en 1998, et aux innondations du Saguenay en 1996.

Dans tous les cas, prétendre que la destruction est source de croissance économique est une formidable aberration!  Il est vrai que les efforts de reconstruction vont favoriser certaines industries et créeront des emplois dans certains domaines.  C’est ce que l’on voit.  Mais, comme l’explique Bastiat, il faut aussi considérer ce que l’on ne voit pas mais qui est tout aussi réel.  Pour que l’État ou les particuliers dépensent, disons 1000$, pour remplacer les vitres brisées par Mère Nature, il a bien fallu qu’ils les prennent quelque part.  Certains vont renoncer à l’achat d’un nouveau téléviseur ou d’une escapade à la campagne.  Quant à l’État, il doit nécessairement prendre l’argent dans un autre poste de dépenses.  En fin de compte, si on dépense 1000$ de moins dans une industrie pour dépenser 1000$ de plus dans une autre industrie, il y a certainement un déplacement de l’activité économique, mais aucune activité supplémentaire.  C’est un jeu à somme nulle.  Rien de plus !

D’ailleurs, si une catastrophe naturelle produisait réellement un boom économique, pourquoi attendre patiemment qu’elle se produise ? Pourquoi ne pas sortir les bulldozers, tout détruire et immédiatement relancer l’économie?

À voir: un vidéo sympathique sur le sophisme de « La Vitre Cassée »